"André-Paul DUCHÂTEAU m’énerve !" écrit, entre autres réflexions, Pierre GUYAUT-GENON en préface des "DEFIS IMPOSSIBLES".

Moi aussi : Il m’escagasse !

Je pensais, naïve et prétentieuse, qu’il me suffirait de rencontrer Monsieur DUCHÂTEAU et parcourir quelques uns de ses bouquins pour cerner sa personne, son travail..... et ben non !! DUCHÂTEAU, ce n’est pas du gâteau, pour bien suivre le fil de ses histoires, impossible de lire en diagonale.

La lecture n’est jamais reposante avec lui. On ne peut s’installer paisiblement dans un de ses romans. Nul doute que son art du machiavel viendra vous déloger, que dis-je, vous déranger dans votre rythme tranquilloux.... au moment même où votre imagination sera en train de projeter la suite de l’histoire ou que votre intime conviction sera faite ! vicieux, non ?!

DUCHÂTEAU ou l’art de déstabiliser. Et il en jubile d’avance.
Le limpide devient glauque tandis qu’une situation d’apparence compliquée se révèlera d’une simplicité logique et évidente...
.

Bref, j’ai dû étudier DUCHÂTEAU et ensuite lire. Moi qui n’aime guère la lecture policière, j’avoue avoir connu quelques moments de bonheur à relever ce défi, ne serait-ce que celui d’avoir remusclé un peu mes neurones.

André Paul DUCHÂTEAU dévore littéralement tout : livres, êtres, objets, chaque chose, chaque détail déclenche en lui des bribes de bouquins.
Lire, écrire, réécrire : sa vie s’écoule bien plus sûrement au fil et au rythme des feuilles de papier que celui du tic tac d’une horloge.

Cet homme délicieux de courtoisie n’a rien de mièvre. Il appelle un chat un chat, seuls les humains sont différents dans leurs similitudes. C’est ce qui fascine André Paul DUCHÂTEAU.

Pour lui, nous n’avons pas à choisir une situation. La situation est le point fixe, l’acte immuable, une situation ça ne change pas, c’est l’être qui change. DUCHÂTEAU le prouve : face à un évènement donné comme l’humain est à mille facettes, cela donnera au moins deux mille versions possibles...... mais laquelle choisir ?!

Entêté, perfectionniste, DUCHÂTEAU ne cherche pas à plaire dans le sens coquet et vaniteux du terme, il a plutôt la crainte de décevoir "CINQ A SEPT AVEC LA MORT" en est l’exemple type:
une même histoire avec des
variantes dans l’action et la psychologie des personnages, non qu’il ait voulu compliquer la chose à plaisir, mais sa manie à disséquer, à peser pour ou contre, à s’interroger, le piège.

Son souci de l’intrigue intrigante qui intrigue ( vous me suivez ) lui fait mettre la barre très haut.
Haute déjà était cette barre lorsque, tout jeune garçon (15 ans à peine) il écrit son premier livre, il rencontre
Stanislas-André STEEMAN qui le fera publier..

"sous sa férule implacable, je suai sang et eau" c’est ainsi qu’André-Paul DUCHÂTEAU écrit, apprend avec STEEMAN.

Vous comprendrez donc le pourquoi du comment !............